Fake news : la ruine d’internet ?

October 30, 2020

S’il y a un sujet qui revient régulièrement dans les media, c’est bien celui-ci : l’infox, ou Fake News en anglais. Depuis décembre 2018, la France s’est même dotée d’une loi sur la manipulation de l’information. Cette dernière a fait couler beaucoup d’encre et le CSA a affirmé via un rapport publié en juillet 2020 que son application laisse à désirer pour de nombreux sites et réseaux sociaux.

La désinformation n’est pourtant pas un concept nouveau. Au travers de l’Histoire, les rumeurs ont toujours été répandues, des photos ont été de tous temps retouchées et des légendes urbaines dispersées. Au XVIème siècle déjà, l’écrivain Pierre l’Arétin était soupçonné d’avoir écrit et diffusé des poèmes ayant influencé l’élection papale.

Les humains ont toujours essayé de s’influencer, la plupart du temps pour servir leurs propres intérêts ou ceux de leurs proches. Mais depuis deux décennies, un nouvel outil a provoqué un basculement considérable : internet. Il nous connecte quasiment tous et donne la parole à chacun. L’importance d’internet est telle qu’en 2016, les Nations unies ont considéré son accès comme un droit humain et appelé à l’interdiction des mesures visant à brider l’accès à l’information ou à la publication en ligne.

Mais, selon moi, chaque droit implique aussi des devoirs.

Travaillant dans les relations presse, je suis habituée à vérifier consciencieusement chaque information et à enquêter sur sa provenance et sa légitimité. Même si c’est chronophage et laborieux, je pense qu’il existe des reflexes que nous, internautes, devons adopter :

  • Lire ou regarder la totalité d’un article avant de le partager sur les réseaux sociaux, au lieu de se contenter de lire uniquement le titre ;
  • Se demander qui a écrit/publié/partagé le contenu en question et se demander pourquoi ;
  • Si le contenu apparaît sur notre fil d’actualité parce qu’un algorithme l’y a placé, pourquoi nous avons été ciblés pour celui-ci.

Ça peut paraître trivial, mais ça ne l’est pas du tout : Selon une étude du Massachussetts Institute of Technology (MIT), les fausses actualités sur Twitter se propagent plus rapidement que les vraies, qui mettent alors 6 fois plus de temps à atteindre 1 500 personnes. Par conséquent, nous devrions tous nous sentir responsables de ce qui se passe sur internet et de quel type d’information nous décidons de partager.

De plus, en tant que professionnels, notre image et notre crédibilité peuvent être également compromises par des informations fausses ou peu substantielles. Par le passé, certains politiques ont même cité le site d’information parodique Le Gorafi, pensant que les fausses informations humoristiques du site étaient réelles. En tant que citoyens, les théories complotistes ou les infox peuvent mettre en danger le savoir scientifique (la théorie de la terre plate connait un regain sur internet depuis quelques années), attiser la haine ou dénigrer certaines communautés.

La « Loi manipulation de l’information » permet aujourd’hui à un candidat ou à un parti de déposer plainte en période de campagne afin de faire supprimer une fausse information en ligne. De plus, les plateformes en lignes vectrices de l’information seront tenues responsables au regard d’un devoir de transparence sur les contenus publiés en vue de générer du profit. Mais de nombreuses voix dénoncent que cette loi est inapplicable si l’on s’en tient à la vitesse à laquelle la désinformation se propage sur les réseaux sociaux, ou encore lorsque les informations sont publiées sur des sites étrangers. D’ailleurs, concrètement, les fake news ont été si nombreuses depuis le début de la pandémie de COVID-19 qu’il ne semble pas que cette loi ait eu un effet tangible.

Cet article a préalablement été publié en anglais ici.

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